Vos questions lors de la Conférence SeriousGame.be 2012

Banner_serious_game_300x200 Nous voici au lendemain de cette rencontre annuelle dont le succès se voit croissant chaque année. Un public plus nombreux, des échanges fructueux, bref un moment fort avec notamment le prix Now-Belle, attribué à Ce soir il conclut de Jordane Paquet que nous félicitons à nouveau.

Soucieux de répondre à vos attentes, certains d’entre vous se sont exprimés en nous soumettant les questions que vous souhaiteriez voir abordées durant la journée. François Delpierre (Belle-Productions) dont on ne peut qu’apprécier les arguments très pertinents et moi-même nous y sommes penchés.

Comment financer le développement d’un SeriousGame grand public et indépendant ?

Normalement, une entreprise ou une aide de l’état paie pour le développement d’un serious game qu’ils utiliseront. Comment un développeur indépendant peut il fournir un seriousgame au grand public et en vivre ? en le vendant à petit prix sur le marché ? en le faisant financer par dons ? KickStarter ? Indiegogo ? businessAngel ?

François Delpierre (Belle-Production) :

La majorité des serious games sont des outils de communication, de formation ou de sensibilisation au même titre qu’un dépliant toute boite, un bouquin, un article de presse, une campagne d’affichage de com média et sont donc financés par les pouvoirs publics ou des sociétés privées dans un but de plan marketing ou d’information.

A l’heure du tout "gratuit" il est très complexe de faire payer un serious game par le grand public.

L’évolution probable sera également la mise à disposition de serious game gratuitement ou payant via des chaines télés branchées et  thématiques .

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Il existe quelques pistes intéressantes à exploiter comme Lookatmygame dont le principe consiste à un producteur de soumettre son projet en ligne et c’est l’internaute qui choisit et finance le jeu vidéo.

Il y a également Start-Invest, un fonds d’investissement situé à Bruxelles et en Wallonie, une initiative de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne pour soutenir petites et moyennes entreprises.

Techniquement comment réaliser un serious Game?

Par quel langage ou logiciel peut on réaliser un serious Game?

François Delpierre (Belle-Productions)

Ils sont réalisés en fonction du support choisi avec les technologies propres à ce support ou de plus en plus multi supports. Chaque Os de smartphones par exemple, Androïd, Iphone, Windows phone 8 etc…  ou de tablette ont leur propre langage de programmation.

Il y a ses jeux en flash, en C, en java, en C++, développés avec des moteurs complexes ou plus accessibles comme  Unity etc..

Côté graphique, photoshop reste un outil incontournable pour la réalisation des décors et pour l’animation il s’agit de 3D smax, ainsi qu’une multitude de programmes d’effets spéciaux.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Il existe des outils gratuits ou payants, selon vos besoins et vos finances et qui ne requièrent pas ou peu de connaissances en programmation. ItyStudio, présenté lors de la conférence, par exemple, en fait partie. Google Maps, par exemple, est utilisé par un enseignant qui réaliste des jeux de piste pour ses élèves. J’en cite une liste non exhaustive dans mon ouvrage Les Serious Games, une ®évolution.

Serious Game est apprentissage de langues modernes. Pourquoi il y a une pénurie d’exemples?

François Delpierre (Belle-Productions)

Il faut encore arriver à convaincre aujourd’hui une grande majorité des enseignants à chaque niveau d’étude du bien fondé de la démarche et ce n’est pas du tout chose aisée. La situation s’améliorera avec l’arrivée massive d’enseignants "digital native" mais les cadres politiques de l’enseignement ne sont pas encore tous convaincus de la démarche. Il existe encore une méfiance frileuse à cette situation.

Dans les pays scandinaves l’évolution est plus rapide, ils utilisent souvent des jeux existants pour travailler les langues.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Il n’y a pas plus pénurie d’outils pour les langues que pour les autres matières. Certains Serious Games existent déjà et sont de qualité : Speaky Planet, Babble Planet, les Eonautes, etc… Nombreux exemples sont présentés sur mon blog.

Quels liens entre jouer et apprendre ?

François Delpierre (Belle-Productions)

Jouer c’est apprendre avec plaisir.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Difficile de répondre en quelques lignes à cette question, l’une des raisons que j’ai eu ce désir d’écrire un ouvrage. Cependant, jouer est un acte inné qui ne s’impose pas. Il permet aussi de faire ses propres découvertes, d’apprendre par l’erreur, ne pénalise pas mais au contraire, invite à recommencer. Le gain est également un vecteur important.

Quelles sont les applications de jeux sérieux à l’urbanisme / aménagement urbain ?

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Tout dépend quels sont vos objectifs principaux. Toujours est-il qu’il existe Energyville, Enercities, Transportation Town, Répercussion ou encore Expli-city qui, bien que son objectif premier soit plutôt politique, il peut également être détourné à des fins urbanistiques.

Pourquoi les Digitales Natives sont-ils plus "joueurs" que les autres ?

François Delpierre (Belle-Productions)

Ils ont appris enfants à manipuler ces nouveaux outils tout simplement et jonglent plus rapidement et plus naturellement que leurs ainés avec toutes les nouvelles applications.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Ils ne sont pas plus joueurs que les générations précédentes, simplement qu’il existe aujourd’hui plus de possibilités, d’ouverture d’esprit, mais aussi de moyens techniques abordables au grand public. Les natifs des années 70 qui ont eu la chance d’avoir un ordinateur, l’étaient tout autant.

Peux-t-on imaginer un Serious Game pour hardcore gamer ?

François Delpierre (Belle-Productions)

Bien entendu, si le sujet et l’information désirée s’y prête !

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Tout à fait !

Que recouvre le concept de "Sagesse Numérique" ?

François Delpierre (Belle-Productions)

C’est découvrir et apprendre à avoir des comportements cohérents et non dangereux sur la toile.

Apprendre à maitriser ses nouvelles émotions et avoir un comportement à la fois respectueux et naturel dans ces univers virtuels.

C’est également maitriser son image en évitant de laisser sur la toile des photos ou des textes qui risquent tôt ou tard de se retourner contre vous ou contre une tierce personne.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Pour compléter la réponse de François Delpierre, il existe des Serious Games sur la sagesse numérique : Image 2.0, Jouer sans se faire jouer et Wild Web Woods, pour les plus jeunes, 2025 Exmachina ou encore une application YouTube

Jouer favorise t’il vraiment les apprentissages ou au contraire renferme t’il sur soi même ?

François Delpierre (Belle-Productions)

De nombreux jeux sont au contraire des jeux online  et multi joueurs avec ou sans  coopération. Jouer ensemble renforce au contraire la communication le partage et l’ouverture aux autres. C’est la différence entre la bonne addiction qui vous fait découvrir un univers, qu’il s’agisse d’un film, d’un livre ou d’une pièce de théâtre et la mauvaise addiction qui provoque des comportements excessifs.

La bonne addiction vous empêche de sortir de la salle de cinéma avant la fin du film ou vous pousse à finir le bouquin. Il en va de même pour un jeu vidéo.

En aucun cas l’outil, l’œuvre ou le jeu n’est responsable d’un comportement compulsif si dans votre vie vous êtes suffisamment équilibré.

Ce n’est pas la faute de votre voiture si vous roulez à 180 en ville…

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Non seulement jouer favorise les apprentissages mais il est également une ouverture vers les autres. Imaginons l’usage d’un Serious Game lors d’un cours dans une classe primaire. Il y a de fortes chances que les enfants échangent et partagent leurs idées dans la cours de récréation bien plus facilement qu’un cours traditionnel. Aussi, un enfant procèdera de la même manière, c’est-à-dire en solitaire, lorsqu’il devra étudier sa leçon ou jouer.

Quel avenir du serious game ?

François Delpierre (Belle-Productions)

Les serious game sont l’avenir d’une nouvelle forme de communication, d’information, de sensibilisation sur l’ensemble des supports numériques

le tournant est fait et il n’y a aucune raison aujourd’hui que cette évolution se freine.

Il ne sont pas et ne seront pas la panacée pour l’ensemble des secteurs mais se retrouveront en fonction de leur utilité, leur qualité et leur justesse de propos dans toutes les campagnes de communication sur tous sujets et pour tous publics.

Yasmine Kasbi (blog seriousgame.be)

Les Serious Games illustrent les préoccupations de notre siècle. L’engouement pour les Serious Games ne cesse de croître. Les réalisations
se multiplient, de même que les appels à projets, les conférences, les
groupes de discussions sur les réseaux sociaux où l’envie d’une collaboration au niveau européen se fait grandement sentir.
De nombreux échanges en tous genres se font sur ces réseau professionnels. Des enseignants partagent leurs pratiques ou cherchent des solutions, des professionnels proposent leurs produits pour avis ou tentent une collaboration, des discussions plus psychologiques se créent, etc.
Bref, tout ce que vous pouvez découvrir qu’on ne trouve pas ailleurs. De  plus,  ils  s’adressent  à  un  large  public  puisqu’ils  mêlent  tous  les milieux professionnels, visent divers objectifs et utilisent différents supports et techniques.
Ils dépassent les frontières et la réunion des idées fait de ce réseau une
intelligence mondiale pour tenter d’approcher l’idéal.

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